La culture de la châtaigne dans les Cévennes
Dès le Moyen Age, la châtaigneraie était la 1ère ressource alimentaire de la région. Riche en glucides, vitamines et minéraux, la châtaigne a permis aux cévenols d'éviter les nombreuses périodes de disette, d'où son surnom "l'arbre à pain". On la cuisinait en soupe, on la réduisait en farine et certaines variétés étaient utilisées pour nourrir les cochons. Les feuilles de châtaignier servaient de fourrage pour les chèvres et moutons, le bois était utilisé pour les charpentes et les meubles.
L'expansion de la châtaigneraie atteint son apogée au milieu du 19ème siècle avec une diversification des variétés pour s'adapter aux différents usages et résister aux aléas climatiques.
Deux évènements vont alors entrainer la chute de cette culture :
1- l'apparition de la maladie de l'encre qui tue de nombreux arbres, ensuite vendus à bas prix aux fabricants de tanins
2- l'exode rural, accéléré par l'ouverture dans la région de mines à charbon, qui attire les agriculteurs, délaissant alors leur châtaigneraie et se tournant pour leur alimentation vers la pomme de terre, plus simple et plus rapide à cultiver
Rapidement envahies par des rejets de souches et des espèces colonisatrices, les châtaigneraies se transforment en taillis.
Depuis une cinquantaine d'années, on observe une volonté de remettre en valeur cette culture particulièrement adaptée à la moyenne montagne, très peu mécanisée et sans système d'irrigation et ce fruit aux vertus nutritionnelles.
Des châtaigneraies sont peu à peu remises en état et la Châtaigne des Cévennes obtient en 2023 le label AOP,qui reconnait la spécificité de la culture et les qualités gustatives des variétés locales.